Bientôt une nouvelle année… et sans doute de bonnes résolutions parmi lesquelles se trouve peut-être celle de pratiquer une activité physique plus régulièrement ?

Que ce soit pour perdre du poids/affiner sa silhouette ou pour améliorer sa forme physique/sa santé, il arrive régulièrement en consultation que des personnes me disent « Il faut que je fasse du sport » ou « Je devrais faire du sport »… et pourtant, il semble qu’ils n’arrivent pas à passer à l’étape de la mise en pratique…

C’est que nous avons déjà assez de contraintes dans la vie, alors s’en rajouter par des « il faut » ou « je dois » fonctionne rarement… puisque cela nous déconnecte de la raison pour laquelle nous avons eu cette idée, notre motivation initiale… on ne voit plus que la contrainte et on perd de vue ce que cela pourrait nous apporter…

Les gens qui pratiquent une activité physique régulière le font généralement car ils se sentent bien après, et non pour éviter d’avoir mauvaise conscience de ne pas l’avoir fait !

Donc si se dire « je dois » ne fonctionne pas (après tout, il n’y a personne derrière nous pour nous y obliger, et quand bien même ce serait le cas, la personne ne sera pas derrière nous en permanence toute notre vie durant !), autant se donner le choix de le faire ou pas, en s’imaginant comment on se sentira après… dans chacune de ces 2 options :

=> comment je me sentirai après être allé pratiquer cette activité physique que j’apprécie ?

(si cela fait longtemps qu’on ne l’a pas pratiquée, ce qui peut nous motiver est la curiosité de savoir si on apprécie toujours cette activité, de voir ce qu’on ressent après une séance…)

=> comment je me sentirai après avoir choisi de ne pas y aller, comment je me sentirai physiquement ? (indépendamment d’une éventuelle culpabilité)

car il arrive parfois que le meilleur choix soit de ne pas y aller (si on est vraiment trop fatigué – ou malade – et que notre priorité est de garder l’énergie qu’il nous reste pour assurer le reste de notre semaine par exemple).

basket-tennis-bleu-illustration

 

Certaines personnes se disent « Si je fais de la marche, il faut que j’en fasse pendant au moins 1 heure, sinon ça ne sert à rien »…

=> Tant que ça fonctionne pour eux, qu’ils arrivent à le faire, tant mieux !

=> Mais si on s’aperçoit que de plus en plus souvent on se sent trop fatigué ou qu’on manque de temps pour marcher durant 1 heure, alors cette injonction de « pendant au moins 1 heure, sinon ça ne sert à rien » risque de devenir contre-productive, et l’écart entre nos objectifs théoriques et notre pratique réelle risque de se creuser de plus en plus…

Le fait d’en prendre conscience peut permettre de se dire « je vais marcher pendant 15 minutes, ça sera mieux que rien »… et au bout des 15 minutes, voir comment on se sent, si effectivement on s’arrête là en étant satisfait d’avoir marché quand même un peu, ou si finalement on se sent en forme pour continuer encore… (car parfois le plus difficile était de s’y mettre et une fois qu’on y est, ça nous fait vraiment du bien).

 

« Lorsqu’on essaie de leur imposer une quelconque exigence, les êtres humains ont tendance à se rebeller parce que leur autonomie – leur besoin pressant d’avoir le choix – est menacée. C’est ainsi que nous réagissons face à la tyrannie, même si cette tyrannie vient de nous-mêmes sous la forme d’un « je dois. » »

 

« … parce que l’être humain n’est pas de nature soumise. Nous ne sommes pas faits pour obéir aux ordres des « je dois » et « il faut », qu’ils viennent de l’extérieur ou de l’intérieur de nous-mêmes. Et si nous nous plions et nous soumettons à ces exigences, l’énergie que nous y consacrons est dépourvue de toute joie porteuse de vie. »

 
Marshall Rosenberg