Il nous arrive de trouver certaines de nos habitudes franchement mauvaises, au point où nous ne leur voyons que des inconvénients…
Mais si tel était réellement le cas, pourquoi ce comportement persisterait-il depuis si longtemps ?
Car si nous estimons que nous n’aurions que des avantages à changer cette habitude, n’aurions-nous pas déjà tenté de la modifier ?
Et si nous l’avons fait, pourquoi est-elle donc revenue ? (après un délai plus ou moins long, certes !)

Toutes nos habitudes (tant celles que nous considérons « bonnes » que celles que nous considérons « mauvaises ») ont leurs avantages, car elles répondent à certains de nos besoins… même quand il n’est pas évident de saisir quels sont ces avantages !

Une situation (un excès de poids par exemple) peut être si inconfortable que nous avons envie que notre ressenti change le plus vite possible, ce qui nous donne envie de bouleverser totalement nos habitudes actuelles, de faire table rase du passé.
C’est un élan légitime, et certaines personnes arrivent à trouver rapidement un nouvel équilibre qui leur permet de connaître des résultats durables (c’est-à-dire durant des années).
Mais force est de constater que c’est loin d’être le cas général… (c’est plutôt « l’exception qui confirme la règle »).

Vous souvenez-vous des dernières fois où vous avez décidé de changer l’une de vos habitudes (peut-être même vous souvenez-vous de vos bonnes résolutions de l’an passé ?).
Avez-vous opté pour un changement radical ? (tentant de mettre en place un ou des changements très importants en quelques jours)
Ou avez-vous plutôt envisagé un changement progressif ? (une petite étape, puis une petite autre, puis une petite autre…)

Et finalement durant combien de temps (jours, semaines, voire mois…) avez-vous réussi à faire mieux que ce que vous faisiez habituellement ?

 

Il y a quelques années déjà, j’ai entendu parler de la « technique de l’escalier » qui expliquait que des changements progressifs (que nous mettons en place à notre rythme) ont plus de chances d’aboutir à un résultat durable que des changements importants…

En effet, si vous devez vous rendre au 1er étage d’un bâtiment et que vous avez le choix, préférez-vous :
– sauter très haut et vous hisser en haut du mur de 2,5 m ? (comme on le voit dans certaines épreuves sportives)
– ou monter, marche par marche, un escalier ?

> L’avantage d’escalader le mur, pour la personne qui arrive à le faire facilement, est que c’est plus rapide que de monter un escalier… un peu d’élan et quelques secondes suffisent !
L’inconvénient est que seule une minorité y arrivera facilement…

> L’avantage de prendre l’escalier est que cette solution est accessible à une majorité, et surtout chacun peut aller à son rythme (il est possible de faire des pauses si nécessaire, ou même de monter les marches 2 à 2 si nous nous sentons en forme).
Un autre avantage à plutôt enchaîner les « petits pas » est que chaque petit pas est assez facile à faire en lui-même, et cette petite réussite nous encourage, nous donne envie de faire le pas suivant, et poursuivre dans la direction que nous visons.
Et si les difficultés de la vie font que nous stagnons parfois dans notre progression (ou même revenons un peu en arrière), le risque est tout de même bien moindre de revenir entièrement à la case départ.

 

Pour augmenter vos chances de parvenir à changer vos habitudes durablement, je vous invite à prendre un petit moment pour identifier :

1. vos motivations
qu’est-ce que ce nouveau comportement vous permettrait de ressentir, de vivre de plus agréable qu’actuellement ?
qu’avez-vous à gagner, d’important à vos yeux, à faire cet effort de changer ?

2. quels sont les avantages (peut-être bien cachés) de vos habitudes actuelles ?
quels besoins contribuent-elles à satisfaire ?

Pour illustrer cette notion d’avantage, de besoin, je vous partage un souvenir professionnel :
lors d’une première consultation, une mère de famille m’explique que plusieurs fois par semaine elle fait appel à des services de livraison de nourriture à domicile, et elle aimerait bien réduire cela.

1ère possibilité : elle peut décider de se limiter à 1 fois par semaine
Conséquences prévisibles :
Tant mieux si elle arrive à s’y tenir, mais il y a de grands risques que cela ne tienne pas dans la durée…

2ème possibilité : comprendre ses raisons de recourir à cette livraison… qu’est-ce qui lui donne envie de le faire alors même qu’elle aimerait limiter cela ?
Elle réalise alors qu’elle le fait lorsqu’elle est fatiguée et n’a pas l’énergie de préparer à manger.
Cela me permet d’envisager avec elle une alternative qui tienne compte de ce facteur important, et je lui propose, lorsqu’elle cuisine, de prévoir des portions supplémentaires qu’elle pourra congeler et ressortir ensuite les jours où elle est trop fatiguée pour cuisiner…

Si nous n’avions pas identifié que c’était la fatigue qui la conduisait vers ce comportement, soit elle aurait continué à recourir aussi souvent à la livraison (tout en culpabilisant de ne pas réussir à réduire cela), soit elle se serait forcée à cuisiner malgré sa fatigue, ce qui n’aurait pas été une solution qu’elle aurait pu tenir dans la durée…

 

Merci Apprentie girafe d’avoir réalisé ce joli dessin qui nous indique que nous avons 2 choix… lequel avez-vous envie de tenter cette fois ?