Notre poids dépend de ce que nous mangeons, de ce que nous dépensons… mais il est aussi influencé par de nombreux autres facteurs…

Dans un monde où l’information est disponible partout, tout le temps, il est légitime de se demander quels impacts peuvent avoir ces nouvelles conditions de vie sur notre comportement ? Vous faîtes les courses, que voyez-vous ? De la nourriture. Vous regardez la télévision, c’est la publicité, que voyez-vous ? De la nourriture.  Vous conduisez en voiture et vous croisez des panneaux publicitaires, que voyez-vous ? De la nourriture.

La vision de nourriture

Voir de la nourriture augmente-t-il l’appétit ? Les chercheurs ont souhaité répondre scientifiquement à cette question. Pour y parvenir ils se sont focalisés sur la valeur d’une hormone produite chez l’homme et dont le rôle est de réguler la faim, la ghréline. Cette dernière augmente avant les repas et diminue après.

Des chercheurs de l’institut Max Planck en Allemagne ont recruté 8 jeunes adultes masculins en bonne santé et leur ont fait prendre un petit déjeuner à 8h30 puis un repas à 12h00. Dans une première session, ils leur ont présenté, entre 10h30 et 10h45 des images sans rapport avec la nourriture. Une semaine plus tard, pour une deuxième session, ils leur ont montré des images de produits alimentaires. Parallèlement ils ont mesuré leur taux de ghréline toutes les 15 minutes.

Résultat : comparativement à la session ayant présenté des images neutres, les images de nourriture ont augmenté significativement le niveau de ghréline. Les participants ont eu plus d’appétit. Cette étude est la première à montrer que la ghréline est influencée par le signal visuel. On comprend ainsi mieux pourquoi le fait de passer trop de temps devant la télévision ou dans une cuisine est potentiellement néfaste pour la régulation de notre poids : cette stimulation excessive dérègle notre appétit.

Le manque de sommeil

Si les médias nous confrontent constamment à des images alimentaires ils ont aussi un autre défaut. Nous passons énormément de temps devant nos écrans (télévision, ordinateurs), en particulier le soir, après le travail. Un moment de détente mais qui peut parfois se prolonger tardivement dans la soirée. Conséquence ? Il est clairement établi que la population subit un déficit de sommeil chronique. En 50 ans, notre temps de sommeil moyen est passé de 8h30 par jour à 7h30. Et même si les grasses matinées du week-end nous aident à mieux récupérer nerveusement, il n’est pas dit qu’elles puissent tout compenser.

Cette fois des chercheurs Suédois ont voulu examiner l’effet du manque de sommeil sur l’appétit. Pour cela ils ont utilisé la même méthode que les chercheurs Allemands : 12 jeunes adultes en bonne santé ont été suivis après une nuit de sommeil complète ou, dans un deuxième temps, après une nuit blanche. Le lendemain matin ils ont subi un IRM du cerveau ayant pour but d’examiner les éventuelles modifications des zones régulant l’appétit. Après avoir constaté qu’il n’existait pas de différence pour différents paramètres comme le taux de sucre dans le sang, la conclusion des chercheurs est très claire : « Après une nuit complète sans sommeil, l’IRM montre un haut degré d’activation dans une zone du cerveau impliquée dans le désir de manger. Sachant que le manque de sommeil est un problème croissant dans nos sociétés nos résultats peuvent expliquer pourquoi les personnes qui ont de mauvais rythmes de sommeil ont plus de tendance à prendre du poids. Il semble donc important de dormir au moins 8h par nuit. »
Autre conséquence du manque de sommeil, le métabolisme de tous les sujets était ralenti après la nuit sans sommeil. C’est-à-dire que leur dépense calorique au repos était plus faible. Un facteur de plus qui contribue à faire prendre du poids. Enfin, plusieurs études ont établi que les nuits courtes réduisent le niveau de plusieurs hormones « brûle-graisse » comme la testostérone et l’hormone de croissance.

http://www.lanutrition.fr/les-news/comment-les-medias-nous-font-grossir.html

La nature des aliments

Une équipe franco-allemande, dirigée par deux chercheurs de l’INSERM s’est intéressée aux mécanismes de l’obésité sur le fonctionnement du système nerveux entérique. Ce dernier parcourt tout le système digestif et est composé de millions de neurones, à la manière d’un deuxième cerveau. On compte parmi ses nombreuses fonctions la participation à la régulation de l’appétit.

Ils ont administré un régime riche en glucides et en graisses, de type « moderne », à des souris en pleine croissance et ont constaté qu’un tel régime empêchait le développement naturel du système nerveux entérique. Ce système immature se comporte alors comme celui d’un enfant même à l’âge adulte, incitant à manger plus en accélérant la vidange gastrique dont le rôle est de préparer l’estomac à la réception du repas suivant. Les chercheurs constatent que ces observations sont identiques à celles faites chez l’homme. 

Explication en vidéo :