« je suis persuadée que si je n’étais diététicienne, mes problèmes auraient pu durer bien plus longtemps »

 

Bonjour Laetitia Martinez,
quelle profession exerces-tu ?

LM : Bonjour. Je suis diététicienne libérale.

 

Il y a 1 an, tu as ressenti des symptômes très gênants : quels étaient-ils ?

LM : J’ai subi des troubles digestifs quotidiens pendant plusieurs mois : diarrhées, douleurs gastriques et intestinales, ballonnements. Je perdais également ponctuellement l’appétit à ne rien pouvoir avaler sur 24 heures, suivi d’un rétablissement de l’appétit progressif en quelques jours. Je voyais également mon poids augmenter de plus en plus, sans rien pouvoir maîtriser, ce qui était très effrayant pour moi en tant qu’ancienne obèse.

 

Ni ce que tu as appris durant tes études, ni les médecins que tu as consultés ne trouvaient d’explications à ces symptômes…

LM : Nous sommes passés par diverses hypothèses au fil du temps, en espérant à chaque fois résoudre le problème. J’ai évidemment appliqué les conseils alimentaires habituels connus par les diététiciens. Mais rien n’y faisait…

 

Les traitements médicaux qui t’ont été donnés soulageaient-ils tes symptômes ?

LM : J’ai eu une atténuation de mes symptômes digestifs avec le premier traitement médicamenteux pris, mais ils sont vite revenus à la fin du traitement. Mon transit était alors constamment irrégulier, et les douleurs abdominales constantes. Le renouvellement du traitement médicamenteux n’a pas permis d’amélioration, excepté au niveau des douleurs. C’est pourquoi nous avons continué les investigations. Et mon poids continuait d’augmenter…

 

Les examens médicaux que tu as passés étaient-ils normaux ?

LM : J’ai en effet passé divers examens médicaux : bilans biologiques, échographie, coloscopie, fibroscopie, IRM. Tout était normal ! Excepté, en bout de course, une petite inflammation qui est apparue sur les biopsies prélevées lors de la coloscopie, et qui a fait penser à une allergie alimentaire. J’ai alors été dirigée vers un allergologue. Mais là encore, les tests cutanés concernant de nombreux allergènes alimentaires s’avéraient tous négatifs.

 

Des médecins t’ont-ils dit que, puisque les résultats étaient normaux, c’était « dans ta tête » ?

LM : On ne me l’a pas dit comme ça. Mais effectivement, les médecins rencontrés ont souvent insisté sur l’impact du stress. Mais je sais reconnaître quand mes maux proviennent d’un stress, étant habituée. Là j’étais sûre de moi, et je me suis montrée encore plus insistante que les médecins sur ce sujet. C’est pourquoi nous avons continué les examens au lieu d’abandonner. Et j’ai prouvé que j’avais raison.

 

Ces troubles digestifs pouvaient correspondre à une colopathie fonctionnelle (« intestin irritable »), mais cela n’expliquait pas pourquoi une prise de poids…

LM : Non, rien ne l’expliquait. Un des médecins rencontré m’avait même interrogé sur une journée alimentaire type, émettant des doutes sur le lien de cause à effet que j’avançais. Un autre médecin m’a également tenu un discours fataliste du fait de mon passé d’obésité, comme si cela était inévitable qu’un obèse demeure obèse malgré ses efforts. Dans certaines situations, je pourrais être d’accord. Mais là encore, il s’agit de mon histoire, et je suis qui plus est une professionnelle, alors je n’accepte pas cette réponse pour mon propre cas. Et puis, je l’avoue, j’ai généralement une sainte horreur des discours fatalistes.
Aujourd’hui, il s’agit plus d’un constat que d’une explication précise. Mais le lien est avéré.

 

Finalement, tu as fini par trouver à quoi étaient dus tous ces problèmes ?

LM : Oui ! Mais je suis persuadée que si je n’étais diététicienne, mes problèmes auraient pu durer bien plus longtemps. En effet, c’est grâce à tout ce parcours de soin, aux compétences médicales de l’allergologue (qui m’avait dit qu’il ne pouvait s’agir que d’une intolérance), associées à mes connaissances nutritionnelles que nous avons réussi à comprendre, ensemble, qu’il s’agissait là d’une forte intolérance au lactose.

Cette analyse collaborative aura pris du temps. Ce n’est pas quelque chose de simple à diagnostiquer. Mais maintenant que mon niveau d’intolérance est approximativement évalué, je vais nettement mieux ! Et mon poids est redescendu de lui-même progressivement. Pas aussi vite qu’il avait augmenté, à mon grand regret, mais le principal est que j’ai enfin pu retrouver mon poids de forme et ma santé.

 

Et combien de temps s’est-il écoulé entre le début de tes symptômes et le moment où tu as fini par en trouver la cause ?

LM : Tout ceci a duré environ 7 mois ! C’était psychologiquement très difficile à vivre, entre le mal être physique, l’inquiétude vis-à-vis de mon poids qui n’était pas prise au sérieux, la force nécessaire pour insister sur mes certitudes, voire même respectueusement tenir tête à des professionnels tout en leur faisant confiance. Mais toutes ces étapes ont permis d’avancer vers la réponse, et je pense que chacun aura pu apprendre quelque chose de cette expérience, y compris moi.

Je dois dire que ça n’a pas été simple de changer mes habitudes alimentaires, bien qu’étant diététicienne. Je pouvais parfois oublier d’être vigilante, mais mon transit me le faisait rapidement remarquer. Je consommais déjà peu de produits industriels, mais j’ai dû quasiment tous les supprimer du fait de ma forte intolérance (les soupes, les fonds de volaille, certaines poêlées de légumes, etc…). Ce n’est pas simple de trouver comment se simplifier la vie quand on n’a pas toujours le temps ou l’envie de cuisiner mais qu’on n’a plus le choix. Pas simple, mais réalisable !

 

Merci beaucoup Lætitia !

 

Si vous rencontrez des problèmes digestifs en lien avec votre alimentation, pour lesquels les médecins n’ont pas trouvé d’explication, et que vous souhaitez tester l’éviction temporaire (c’est-à-dire durant quelques semaines) de certains aliments afin de voir si vous ressentez ou non une amélioration de vos symptômes, les conseils d’une diététicienne vous seront très précieux afin de réaliser ce test dans les meilleures conditions (car les pièges sont nombreux…).